Vous êtes exploitant agricole et vous vous demandez si le photovoltaïque peut réellement améliorer la rentabilité de votre exploitation ? La réponse est oui, mais les règles ont changé depuis avril 2025.
La fin de la vente totale pour les petites installations, la disparition du tarif garanti au-delà de 100 kWc, les nouvelles conditions d’éligibilité aux aides : autant de changements qui impactent directement votre stratégie d’investissement. Ce guide actualisé vous aide à y voir clair, chiffres à l’appui.
Trois grandes questions seront abordées : quel type d’installation choisir pour votre exploitation, combien cela coûte et combien cela rapporte vraiment, et comment lancer votre projet étape par étape.
📌 Ce qu’il faut retenir
- Les règles EDF OA ont changé en profondeur en avril 2025 : la vente totale est impossible pour les installations de moins de 9 kWc, et le tarif garanti disparaît au-delà de 100 kWc
- L’autoconsommation avec revente du surplus entre 9 et 100 kWc reste aujourd’hui l’option la plus stable et la plus accessible pour la majorité des exploitants agricoles
- Le retour sur investissement se situe entre 8 et 12 ans selon le profil (éleveur, céréalier, maraîcher), puis l’installation génère des revenus nets pendant 15 à 20 ans
- Plusieurs aides sont cumulables : prime à l’autoconsommation, récupération de TVA, aides régionales FEADER, prêts Bpifrance
- Première action concrète : évaluer la surface de toiture disponible et contacter un installateur certifié RGE pour une visite technique
Ce qui a changé pour le photovoltaïque agricole depuis avril 2025
Le gouvernement a revu les règles de la vente d’électricité photovoltaïque sur toitures agricoles. Ce n’est pas anodin : selon votre profil de projet, les revenus prévisionnels peuvent être radicalement différents de ce que vous aviez calculé il y a deux ans.
Fin de la vente totale pour les installations de moins de 9 kWc. Jusqu’alors, un exploitant pouvait installer une petite centrale et revendre l’intégralité de sa production à EDF OA. Ce n’est plus possible. Seules les installations entre 9 et 100 kWc peuvent encore accéder à ce mode de rémunération.
Disparition du tarif garanti entre 100 et 500 kWc. Depuis juin 2025, le tarif d’achat a baissé. À partir de septembre 2025, il est remplacé par un appel d’offres simplifié. Le prix de rachat n’est plus fixé à l’avance : il dépend du résultat de la procédure de sélection.
Ce qui ne bouge pas. L’autoconsommation avec revente du surplus entre 9 et 100 kWc conserve ses conditions actuelles. La prime à l’investissement et le tarif de vente du surplus restent inchangés. C’est aujourd’hui l’option la plus sécurisée pour la majorité des exploitants agricoles.
| Tranche de puissance | Mode de valorisation disponible | Tarif applicable (2025) | Stabilité du cadre |
|---|---|---|---|
| Moins de 9 kWc | Autoconsommation + surplus uniquement | Tarif surplus réduit à 4 c€/kWh | Peu attractif |
| 9 à 100 kWc | Autoconsommation + surplus OU vente totale | Tarif fixe garanti sur 20 ans | Stable |
| 100 à 500 kWc | Appel d’offres simplifié | Variable selon procédure | En transition |
À NOTER
Si vous portez un projet de plus de 100 kWc, déposez rapidement votre demande de raccordement et votre dossier de permis. Les délais administratifs peuvent atteindre plusieurs mois, et sécuriser un tarif avant le changement de cadre peut représenter plusieurs milliers d’euros de différence sur la durée du contrat.
Pourquoi passer au photovoltaïque quand on est agriculteur ?
L’énergie pèse lourd dans les comptes d’une exploitation. Selon l’ADEME, les dépenses de fourniture d’énergie représentent à elles seules entre 12 % et 20 % des charges variables des exploitations agricoles françaises. Cette facture gonfle chaque année avec la hausse du prix du kilowattheure.
Produire sa propre électricité change la donne. Avec une installation bien dimensionnée, vous couvrez une part significative de vos besoins sur 25 à 30 ans. Ce que vous produisez ne vous coûte plus rien une fois l’investissement amorti.
Générer un revenu régulier est le deuxième levier. En autoconsommation avec revente du surplus, votre excédent de production est racheté par EDF OA à un tarif fixe sur 20 ans. Sur les grandes installations, ce surplus représente plusieurs milliers d’euros par an.
Protéger vos cultures, votre bétail et votre matériel. Les hangars, ombrières et serres photovoltaïques offrent un abri contre le soleil, la grêle, la pluie et la neige. Ce n’est pas un détail : c’est un bénéfice opérationnel direct, chiffrable sur l’année.
Valoriser votre engagement écologique. Le photovoltaïque est une énergie 100 % renouvelable, sans émission de gaz à effet de serre, avec des matériaux recyclables à plus de 95 %. Le secteur agricole contribue déjà à plus de 20 % de la production d’énergie renouvelable en France selon l’ADEME.
Les différentes installations photovoltaïques agricoles
Plusieurs configurations existent pour équiper une exploitation. Le choix dépend de votre surface disponible, de votre activité et de votre budget.
Le hangar photovoltaïque
Le hangar solaire est le format le plus répandu en photovoltaïque agricole. Un bâtiment composé de piliers et d’une couverture, avec ou sans murs, sur lequel sont posés des panneaux solaires.
Il permet à la fois de produire de l’électricité et d’abriter vos véhicules, votre matériel, vos animaux, votre fourrage ou vos récoltes.
Repère de dimensionnement utile : 500 m² de toiture permettent d’atteindre environ 100 kWc de puissance installée.
Pour tout savoir sur ce format, consultez notre guide dédié au hangar photovoltaïque.
L’ombrière solaire
L’ombrière reprend le principe du hangar, sur une structure plus légère et moins coûteuse. Les panneaux sont maintenus en hauteur par des piliers et des rails de fixation. Ce sont les modules eux-mêmes qui font office de protection contre le soleil, la pluie, la grêle et la neige.
Ce format convient bien aux zones de pâturage ou aux cultures en plein air. Pour en savoir plus, consultez notre article sur les ombrières solaires.
La serre photovoltaïque
Une serre photovoltaïque est une serre équipée partiellement de panneaux solaires. Les cultures ont besoin de lumière naturelle : les panneaux ne peuvent pas couvrir toute la surface vitrée.
Double intérêt : produire de l’électricité tout en protégeant les cultures du froid, des intempéries et des ravageurs. La production électrique est inférieure aux autres formats, mais la solution devient pertinente sur les grandes superficies de serres.
Les trackers solaires
Les trackers solaires sont des mâts motorisés qui suivent la course du soleil tout au long de la journée. Les panneaux bénéficient en permanence d’une inclinaison et d’une orientation proches de l’optimum, ce qui améliore la production de façon notable.
Le frein principal : un coût d’acquisition plus élevé que les autres formats, et un encombrement au sol important.
Les panneaux solaires au sol
Cette option s’affranchit de toute infrastructure bâtie. Les panneaux sont installés directement sur le terrain, sur des structures de fixation légères.
Coût inférieur, grande flexibilité de configuration. Mais la condition est stricte : disposer d’une zone de terrain dédiée uniquement à la production d’énergie, non exploitable pour votre activité agricole.
Cette configuration est soumise à des contraintes réglementaires sérieuses : PLU, zones Natura 2000, restriction d’usage des sols agricoles. À vérifier avant toute chose.
Agrivoltaïsme : qu’est-ce que c’est, et est-ce différent du photovoltaïque agricole ?
Le terme « agrivoltaïsme » revient de plus en plus, parfois employé à tort pour désigner n’importe quelle installation solaire sur une exploitation. Ce n’est pas la même chose.
La définition légale de l’agrivoltaïsme (loi APER, mars 2023)
La loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables, dite loi APER, donne une définition officielle à son article 54.
Une installation agrivoltaïque est une « installation de production d’électricité utilisant l’énergie radiative du soleil et dont les modules sont situés sur une parcelle agricole où ils contribuent durablement à l’installation, au maintien ou au développement d’une production agricole ».
Deux critères sont obligatoires pour qu’une installation soit qualifiée d’agrivoltaïque :
- L’installation photovoltaïque ne doit pas diminuer les revenus issus de la production agricole
- La production agricole doit rester l’activité principale du site
Dans le photovoltaïque classique sur terres agricoles, l’électricité est la priorité. En agrivoltaïsme, c’est l’agriculture qui prime. Le solaire vient en appui, pas en substitution.

Les cas d’usage concrets par type d’exploitation
L’agrivoltaïsme prend des formes très différentes selon le type d’exploitation.
Viticulture : Des ombrières au-dessus des vignes réduisent le stress hydrique estival et protègent contre la grêle. Des études menées sur des parcelles équipées montrent une réduction de 20 à 30 % du stress hydrique, sans impact négatif sur la qualité du raisin. La production d’électricité vient en bonus.
Élevage ovin et bovin : Le pâturage sous panneaux offre une ombre naturelle au bétail pendant les fortes chaleurs. Le bien-être animal s’améliore, et certaines exploitations constatent une stabilisation de la production laitière en période caniculaire.
Maraîchage : Les serres agrivoltaïques permettent de moduler l’apport de lumière selon les saisons et de réduire les besoins en irrigation. Solution particulièrement adaptée aux cultures qui tolèrent un ombrage partiel.
Grandes cultures : Des systèmes de trackers mobiles maintiennent la mécanisation des parcelles, passage des moissonneuses et des semoirs inclus, tout en produisant de l’électricité. Ce format est encore en phase d’expérimentation sur plusieurs sites pilotes suivis par l’ADEME et les instituts techniques agricoles.
Le photovoltaïque agricole est-il fait pour vous ?
Avant de vous lancer, posez-vous les bonnes questions. Voici un repère rapide par profil d’exploitation.
| Profil d’exploitation | Adéquation au photovoltaïque | Ce qui rend le projet pertinent |
|---|---|---|
| Éleveur bovin / laitier | Très favorable | Forte consommation électrique (traite, ventilation, alimentation), grandes toitures, retour sur investissement rapide |
| Maraîcher sous serre | Favorable selon superficie | Consommation mixte, serre agrivoltaïque possible, double bénéfice production et énergie |
| Céréalier | Favorable pour la revente | Grands hangars de stockage, consommation plus faible en été, modèle orienté surplus |
| Vigneron | Favorable pour l’agrivoltaïsme | Stress hydrique et grêle, ombrières adaptées, valorisation du terrain sans perte de rendement |
Les conditions favorables pour lancer un projet :
- Surface de toiture disponible d’au moins 200 m² (environ 36 kWc installables)
- Structure porteuse en bon état ou projet de construction neuve prévue
- Consommation électrique annuelle significative : chauffage, ventilation, pompage, traite, séchage
- Ensoleillement régional suffisant, vérifiable sur les données de votre station Météo France locale
Repères de dimensionnement par surface de toiture :
| Surface de toiture | Puissance installée approximative |
|---|---|
| 200 m² | 36 kWc |
| 500 m² | 100 kWc |
| 1 500 m² | 300 kWc |
| 2 500 m² | 500 kWc |
Vous souhaitez évaluer votre projet ? Nos experts Mon Kit Solaire peuvent vous accompagner dans le dimensionnement de votre installation. N’hésitez pas à prendre contact avec notre équipe.
Rentabilité du photovoltaïque agricole : combien ça rapporte vraiment ?
C’est la question centrale. Voyons les chiffres, mode de valorisation par mode de valorisation.
Choisir entre autoconsommation, revente totale et location de toiture
Trois modèles existent pour valoriser votre production d’électricité solaire.
Autoconsommation avec revente du surplus : Vous consommez en priorité ce que vous produisez. L’excédent est injecté dans le réseau et racheté par EDF OA à un tarif fixe sur 20 ans. C’est l’option la plus stable et la plus adaptée aux exploitations avec une consommation électrique régulière.
Revente totale : Vous revendez 100 % de votre production à EDF OA. Ce modèle est désormais réservé aux installations entre 9 et 100 kWc. Les installations de moins de 9 kWc ne peuvent plus y prétendre depuis avril 2025. Pour les plus de 100 kWc, le passage en appel d’offres simplifié change la donne.
Location de toiture ou de parcelle : Un investisseur tiers installe et exploite les panneaux sur votre bâtiment, vous percevez un loyer annuel. Zéro investissement de votre côté. Mais les contreparties sont réelles et méritent d’être posées clairement : durée d’engagement souvent de 20 à 30 ans, aucun revenu lié à la production d’électricité elle-même, perte partielle de la maîtrise de votre bâtiment pendant toute la durée du contrat. Ce modèle conviendra à certains profils, pas à tous.
| Critère | Autoconsommation + surplus | Revente totale | Location de toiture |
|---|---|---|---|
| Investissement agriculteur | 30 000 à 150 000 € | 30 000 à 80 000 € | 0 € |
| Revenus annuels estimés | 8 000 à 15 000 € (économies + surplus) | 4 000 à 8 000 € | 1 000 à 3 000 € (loyer) |
| Stabilité réglementaire 2025 | Stable | En transition (> 100 kWc) | Stable (contractuel) |
| Complexité administrative | Moyenne | Moyenne à élevée (> 100 kWc) | Faible |
| Profil adapté | Exploitant avec consommation régulière | Grandes toitures, faible autoconsommation | Exploitant sans capacité d’investissement |
Trois exemples de rentabilité par profil d’exploitation
Ces chiffres sont des ordres de grandeur indicatifs, basés sur les données moyennes du marché et les tarifs en vigueur en 2025. Chaque projet doit faire l’objet d’une étude personnalisée.

Éleveur laitier en Bretagne, 80 vaches, toiture de 400 m²
- Puissance installée : environ 80 kWc
- Investissement estimé : 55 000 à 70 000 euros
- Consommation annuelle couverte à 60-70 % (traite, ventilation, alimentation du bétail, éclairage)
- Économies sur la facture EDF : 9 000 à 12 000 euros par an
- Revente du surplus : 2 000 à 3 000 euros par an
- Retour sur investissement : 8 à 10 ans
- Ensuite : 11 000 à 15 000 euros nets par an pendant 15 à 20 ans
Céréalier en Beauce, hangar de stockage de 300 m²
- Puissance installée : environ 60 kWc
- Faible autoconsommation estivale, activité saisonnière, modèle orienté revente du surplus
- Investissement : 40 000 à 50 000 euros
- Revenus annuels EDF OA : 4 000 à 6 000 euros
- Retour sur investissement : 10 à 12 ans
Maraîcher sous serre en Provence, 500 m² de serre agrivoltaïque
- Puissance installée : 80 à 100 kWc
- Économies sur irrigation et climatisation : 6 000 à 8 000 euros par an
- Revenus solaires (surplus) : 3 000 à 5 000 euros par an
- Retour sur investissement : 9 à 11 ans
Les facteurs qui influencent la rentabilité
Plusieurs variables font bouger le retour sur investissement.
La puissance de l’installation (exprimée en kWc) détermine le volume d’électricité produit et les revenus potentiels.
Le rendement des modules varie selon la technologie. Les panneaux monocristallins offrent aujourd’hui les meilleurs résultats sur les toitures agricoles.
Le taux d’ensoleillement régional impacte directement la production annuelle : de 1 100 heures par an en Normandie à plus de 1 700 heures en Occitanie. L’écart est loin d’être négligeable sur 25 ans de production.
La durée de vie des panneaux atteint 25 à 30 ans, avec des garanties de rendement à 87 % sur cette période. La rentabilité s’évalue toujours sur l’ensemble du cycle de vie.
Le taux d’autoconsommation est un levier déterminant : plus vous consommez localement ce que vous produisez, plus vous économisez sur votre facture EDF.
Les aides financières disponibles pour votre projet photovoltaïque agricole en 2026
Plusieurs dispositifs sont accessibles aux exploitants agricoles. Bien combinés, ils réduisent le délai d’amortissement de façon significative.

La prime à l’autoconsommation
La prime à l’autoconsommation est versée par l’État pour encourager les projets en autoconsommation photovoltaïque. Elle est échelonnée sur 5 ans à compter de la mise en service.
Le montant dépend de la puissance installée et est réévalué chaque trimestre par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE). Pour les installations entre 9 et 100 kWc, les montants actuels restent attractifs.
Condition obligatoire : l’installation doit être réalisée par un professionnel certifié RGE QualiPV.
L’obligation d’achat EDF OA : tarifs et conditions 2025
Le dispositif EDF OA (Obligation d’Achat) permet de revendre votre surplus ou la totalité de votre production à un tarif garanti pendant 20 ans.
Depuis avril 2025, les conditions ont évolué par tranche de puissance :
- 9 à 100 kWc en autoconsommation avec surplus : tarif de rachat fixe sur 20 ans. Le cadre le plus favorable aujourd’hui.
- 9 à 100 kWc en vente totale : toujours accessible, avec un tarif garanti.
- 100 à 500 kWc : passage en appel d’offres simplifié à partir de septembre 2025. Le tarif n’est plus garanti d’avance.
- Moins de 9 kWc : le tarif de rachat du surplus est tombé à 4 centimes par kWh (contre 12,69 centimes auparavant). La prime à l’investissement a aussi été réduite à 8 centimes par kWh. Ce profil est devenu peu attractif en mode revente.
La récupération de TVA
En tant qu’exploitant agricole professionnel assujetti à la TVA, vous pouvez récupérer la TVA sur l’investissement, matériel et installation compris.
La condition : déclarer votre production d’électricité comme activité professionnelle. Consultez votre expert-comptable pour valider le montage le plus adapté à votre situation fiscale.
Les aides régionales et européennes
Ces dispositifs sont souvent méconnus, alors qu’ils peuvent améliorer sensiblement la rentabilité globale de votre projet.
Le FEADER (Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural) permet dans certaines régions de cofinancer les projets énergétiques des exploitations agricoles.
Bpifrance propose des prêts à taux réduits pour les investissements de transition énergétique en agriculture.
Les Conseils Régionaux offrent des bonifications variables selon votre zone. L’Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine et le Grand Est font partie des régions les plus actives sur le sujet.
Conseil pratique : contactez la Chambre d’Agriculture de votre département. C’est le meilleur point d’entrée pour identifier les dispositifs actifs dans votre zone.
Comment financer votre installation photovoltaïque agricole ?
Quatre modes de financement sont accessibles. Chacun convient à un profil différent.
L’autofinancement
L’option la plus rentable à long terme. Vous financez l’installation sur fonds propres, vous êtes propriétaire dès le départ et vous percevez l’intégralité des revenus.
Investissement typique : 30 000 à 150 000 euros selon la puissance. Cela suppose une trésorerie disponible. Le retour sur investissement moyen est de 8 à 12 ans, après quoi la production génère un revenu net pendant 15 à 20 ans.
Pour les exploitations qui souhaitent stocker leur production, découvrez nos kits solaires avec batterie pour optimiser votre autoconsommation jour et nuit.
Le prêt agricole spécialisé
Le Crédit Agricole, BNP Paribas et Bpifrance disposent de lignes de financement dédiées aux projets d’énergie renouvelable en agriculture. Les taux sont souvent préférentiels grâce aux dispositifs de garantie de la Banque Européenne d’Investissement.
La durée d’emprunt est généralement alignée sur celle du contrat EDF OA (20 ans), ce qui facilite l’équilibre de trésorerie dès la première année.
Le tiers-investisseur
Un investisseur externe finance et installe l’intégralité de l’installation à sa charge. En contrepartie, il exploite la centrale pendant 20 à 30 ans et perçoit les revenus de la production.
Aucun apport de votre côté. Vous pouvez même bénéficier d’un bâtiment rénové ou construit sans frais.
Mais les contreparties sont à lire attentivement avant toute signature :
- Aucun revenu lié à la production d’électricité pendant toute la durée du contrat
- Engagement long : 20 à 30 ans
- Perte partielle de la maîtrise de votre bâtiment
Ce modèle convient aux exploitants sans capacité d’investissement qui cherchent avant tout à rénover une infrastructure. Faites relire le contrat par un juriste spécialisé en baux agricoles.
Le leasing ou crédit-bail
Vous louez l’installation sur 5 à 10 ans via un loyer mensuel, puis vous devenez propriétaire en fin de contrat. Cela permet de financer l’investissement sans mobiliser toute la trésorerie d’un coup.
Encore peu répandu dans le secteur agricole, mais en développement. À comparer avec le prêt classique selon votre situation fiscale et votre capacité de remboursement.
Lancer votre projet : les étapes concrètes

Voici le parcours à suivre, de la première réflexion jusqu’à la mise en production de votre centrale solaire.
Étape 1 : l’étude de faisabilité
Avant toute démarche administrative, évaluez la pertinence du projet pour votre exploitation.
Mesurez la surface de toiture disponible et vérifiez l’état de la structure porteuse, charpente et couverture. Calculez votre consommation électrique annuelle pour bien dimensionner votre installation et choisir la puissance adaptée à vos besoins.
Consultez les données d’ensoleillement de votre région sur Météo France ou les simulateurs en ligne.
Premier contact concret : sollicitez un installateur certifié RGE pour une visite technique sur site. Gratuit dans la plupart des cas, et cela vous donne un devis réaliste.
Étape 2 : les démarches administratives
Les formalités dépendent du type de projet.Sur un bâtiment existant : déclaration préalable de travaux à déposer en mairie. Délai d’instruction moyen : 1 mois. Sur un bâtiment neuf : permis de construire requis. Comptez 3 à 4 mois d’instruction. Demande de raccordement Enedis : déposez-la rapidement. C’est souvent le goulot d’étranglement du projet. Selon la zone et la charge du réseau, les délais peuvent atteindre 6 à 12 mois.
Pour les projets entre 100 et 500 kWc passant en appel d’offres simplifié : ajoutez 6 mois supplémentaires pour la procédure de sélection.
À lire également : Puissance max en monophasé : tout comprendre pour votre compteur et votre installation solaire
Étape 3 : l’installation et la mise en service
Choisissez un installateur certifié RGE QualiPV. C’est une condition obligatoire pour bénéficier de la prime à l’autoconsommation et accéder au dispositif EDF OA.
Durée des travaux : quelques jours pour les petites puissances, quelques semaines pour les centrales de 100 kWc et plus.
Après les travaux, la mise en service comprend la validation par Enedis et l’activation du contrat EDF OA. Comptez 1 à 2 mois supplémentaires avant de percevoir vos premiers revenus de revente.Délai global du projet : prévoyez 6 à 18 mois entre l’étude de faisabilité et la première production, selon la puissance et votre zone géographique.
Vous souhaitez explorer les options disponibles avant votre rendez-vous avec un installateur ? Consultez notre sélection de kits panneaux solaires pour vous faire une première idée des puissances et des configurations.
Besoin d’aide pour finaliser votre projet solaire ?
Appelez maintenant ou choisissez un créneau horaire pour parler de votre projet avec nos experts.
*Appel non surtaxé – Conseillers disponibles du lundi au vendredi de 8h à 19h
Vos questions sur le photovoltaïque agricole
Peut-on installer des panneaux solaires sur une zone classée ou protégée (Natura 2000, ZNIEFF) ?
Oui, c’est possible sous conditions. Une étude d’impact environnemental peut être requise selon la localisation exacte. Pour les zones Natura 2000, une évaluation des incidences est obligatoire avant toute installation. Votre premier interlocuteur est la mairie et le service de l’urbanisme de votre commune.
Mon exploitation est en triphasé : est-ce compatible avec une installation photovoltaïque ?
Tout à fait. Les grandes exploitations agricoles sont souvent équipées en triphasé, et le photovoltaïque s’y adapte sans problème. Il faut prévoir un onduleur solaire triphasé adapté à votre configuration électrique. Pour en savoir plus, découvrez nos kits solaires triphasés.
Combien de temps pour rentabiliser une installation photovoltaïque agricole ?
En autoconsommation avec revente du surplus, le retour sur investissement se situe en moyenne entre 8 et 12 ans selon la région, la puissance installée et votre niveau de consommation.
Après cette période, votre installation continue de produire pendant 10 à 20 ans supplémentaires avec des revenus nets. Les panneaux durent 25 à 30 ans : la durée de vie est largement supérieure au délai de rentabilisation.
Quels documents préparer pour accéder à l’obligation d’achat EDF OA ?
Prévoyez les éléments suivants :
L’attestation de conformité électrique délivrée par le Consuel
L’attestation de l’installateur RGE certifiant la réalisation des travaux
Le contrat d’achat EDF OA signé (téléchargeable sur le site EDF OA)
L’autorisation d’urbanisme obtenue (déclaration préalable ou permis de construire)
La preuve de raccordement validée par Enedis
Le processus est bien balisé. La plupart des installateurs RGE vous accompagnent dans le montage du dossier.
Quels sont les avantages du photovoltaïque pour mon exploitation agricole ?
Cinq points concrets : réduction durable de la facture d’électricité, création d’un revenu complémentaire stable via la revente du surplus, protection physique des cultures et des animaux grâce aux structures d’accueil, engagement écologique valorisable auprès de vos partenaires et clients, et valorisation de surfaces jusqu’alors inexploitées.
Qu’apporte l’agrivoltaïsme à l’activité agricole ?
L’agrivoltaïsme combine production agricole et production d’énergie solaire sur une même parcelle, sans que l’une nuise à l’autre. Il apporte une protection contre les aléas climatiques (sécheresse, grêle, gel), une amélioration du bien-être animal grâce à l’ombrage, une réduction des besoins en irrigation, et un complément de revenus. Le tout sans diminuer les rendements agricoles : c’est la condition légale pour qu’une installation soit qualifiée d’agrivoltaïque.





